En reproduisant des formes empruntées à des appareils scientifiques et industriels contemporains, Manoah opère une transfiguration par dégénérescence — dans laquelle la fonctionnalité première des formes robotiques est neutralisée afin de créer une sensibilité qui s'oppose à leur propre efficacité.
Ainsi, l’élément sculptural devient le vecteur d’un environnement qui trouve son mode d’existence au sein de synergies interactives et des perceptions cognitives qui en découlent.
Ses dispositifs, complexes a priori, aspirent à rester structurellement minimaux et génèrent de la sérendipité à partir d’une charge technique limitée — s’affranchissant ainsi de leur existence purement technico-fétichiste, en opposition à leur désignation comme solution technologique.
Animées par un intérêt profond pour les zones grises de l’architecture urbaine et les espaces fortement fréquentés (tels que les lieux de passage), ses propositions intègrent la charge contextuelle de leur mise en œuvre et visent à créer une aliénation féconde.
conveyor_contention présente un dispositif robotique en mouvement continu qui transporte une forme souple et adaptative à travers l’espace, créant ainsi une tension entre le contrôle mécanique et un organisme quasi-vivant qui se reconfigure sans cesse. Par son association avec la notion de « contention » — c’est-à-dire le fait de maîtriser ou d’immobiliser un corps —, l’installation devient une machinerie performative dans laquelle tant l’objet que le spectateur sont entraînés, physiquement et cognitivement, dans un système d’oscillation, de contrainte et d’implication.