Gilles Dusong (né en 1995) aime évoluer dans des espaces liminaires. Au sens propre comme au figuré. Ses sculptures évoquent d’étranges machines dans lesquelles on pourrait vivre, ou qui permettraient de voyager à travers l’espace et le temps. Leurs éléments distincts ressemblent à des composants mécaniques ; assemblés pour former des structures ingénieuses, souvent symétriques, ils évoquent des formes d’habitat modulaires issues de visions rétrospectives de l’avenir de l’humanité.
Gilles joue avec leur échelle et les place dans des contextes ambigus. Sur des plages nocturnes ou parmi les plantes aquatiques. Elles se voient ainsi dotées d’histoires, d’un sentiment d’aventure et même de l’aura d’une nouvelle forme de nature. C’est paradoxal, car les sculptures de Gilles sont réalisées sans l’intervention de la main de l’homme. À l’opposé, ses dessins au crayon, réalisés à la main avec un soin extrême, dégagent pourtant une rigidité sculpturale. Ses dessins montrent, chacun à sa manière, les confins étranges de notre monde tel que nous le vivons : paysages nocturnes, périphéries et activités à la limite du visible.
Dans son œuvre, Gilles relie le présent à un avenir teinté par le passé. Et il nous invite à réfléchir à la question de savoir dans quelle mesure cet avenir restera humain. Le blanc et l’argent de ses sculptures véhiculent une certaine innocence… ou s’agit-il au contraire de la couleur de l’aliénation ?