Lucie Briand est une artiste plasticienne française installée à Bruxelles. Sa recherche s’appuie sur des concepts tels que l’intimité et les normes sociales, explorant des questions liées au corps, à la santé et à la mémoire collective. Les récits corporels, tant personnels que collectifs, qu’elle met en scène visent à rendre visibles des expériences invisibles.
Sa pratique adopte une approche transdisciplinaire, alliant sculpture et performance à travers des installations interactives. Son recours récurrent aux liquides symbolise les processus de guérison et de résilience comme forme de résistance aux structures de domination, telles que le milieu médical.
Orchid as Pharmakon est un projet de recherche axé sur les matériaux et le textile qui explore la relation entre souplesse et rigidité, en utilisant le tissu comme un support susceptible d’être transformé. Le projet s’appuie sur des recherches portant sur l’iconographie de la pharmacie, et plus particulièrement sur la coupe d’Hygie, un symbole associé à la pharmacie et à la médecine. Je suis attirée par cette figure pour ce qu’elle évoque : un récipient, un corps qui reçoit, mais aussi un espace de transformation et de changement par le biais de la médecine.
La présence de plantes dans cette iconographie invite également à réfléchir aux connaissances liées aux plantes médicinales et aux différentes façons de prendre soin du corps. Le terme « pharmakon », qui peut désigner à la fois un remède et un poison, introduit cette ambivalence : une substance peut transformer, guérir ou altérer.