Compostoid est un androïde immobile, grandeur nature, fabriqué à partir d’un filament biodégradable. Grâce à un modèle linguistique basé sur l’IA, activé par la présence des visiteurs, l’androïde parle de sa propre dégradation matérielle. Son corps est constitué de modèles 3D open source trouvés en ligne. Cela reflète l’apprentissage de l’IA : des vestiges de données numériques rencontrent des vestiges de langage numérique. Les pièces imprimées ont d’abord passé quatre mois dans le compost. Sous l’action des micro-organismes, le matériau s’est ramolli, s’est déchiré et a changé de couleur. Enfin, le robot diffuse une odeur que le visiteur peut percevoir, mais pas l’IA. L’œuvre d’art confronte ainsi la logique stérile et computationnelle de l’IA à une réalité biologique imprévisible, dans laquelle la machine apprend certes à parler de sa propre dégradation, mais dont la transformation tangible et olfactive ne peut être comprise que par l’humain.